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Test du jeu Stronghold Warlord (PC)

Écrit par

Frédéric Bouquin

Autrefois une véritable institution dans le monde des jeux de stratégie historique, Stronghold, titre après titre, perdit de sa superbe jusqu’à presque tomber dans l’oubli. Les Anglais de chez FireFly Studios reprenaient néanmoins le flambeau en annonçant, il y a deux ans, Stronghold Next finalement renommé Stronghold Warlord. Une série qui nous revient pour le plus grand plaisir des passionnés des jeux médiévaux avec une réelle volonté de redorer le blason. Stronghold Warlords, une vraie renaissance ?

Merci à FireFly Studios qui nous a gratuitement fourni une copie du jeu afin d’en faire la couverture médiatique et le test. L’éditeur/développeur nous autorise par conséquent à diffuser et/ou utiliser des extraits du jeu pour nos besoins de production et n’intervient d’aucune façon dans l’attribution de la note finale. #Article13Free

Rappelez-vous cette série…

Vous qui lisez ces lignes, vous avez sans doute conservé ce doux souvenir d’un jour de 2001, souvenir d’une belle surprise vidéoludique. Elles sont si rares qu’elles nous restent en mémoire comme l’espoir utopique d’en retrouver une meilleure un autre jour. Stronghold, sorti il y a 20 ans, fait incontestablement partie de ces belles surprises. Jeu composite de plusieurs idées existantes à l’époque, Stronghold en avait pris le meilleur.

Jeu de gestion développé et équilibré à la « The Settlers » mais aussi jeu de construction de château tel un « SimCastle » à inventer, le titre offrait des campagnes militaires et économiques haletantes indubitablement supérieures à Age of Empires 2. Une ambiance médiévale aussi dont les musiques me sont restées en tête avec, de surcroit, un excellent doublage français plein d’humour. Après ces souvenirs un peu sentimentaux, j’en conviens, je vais à nouveau revêtir mon habit de testeur impartial pour continuer ces lignes.

Ce jeu merveilleux a connu logiquement d’autres développements au cours des années qui suivirent. En 2002 le jeu partit en croisade avec une franche réussite et une ambiance orientale unique. Puis la suite se fit attendre. Stronghold 2 fut annoncé et arriva en 2005 avec retard ce qui n’est jamais bon signe. Ce deuxième titre qui voulait accentuer l’ambiance des sièges de châteaux n’avait pas réussi à être le digne successeur de son père. Moteur graphique daté, problèmes d’IA et de pathfinding à répétition, le jeu se rattrapait avec tout ce qui avait fait l’excellence du premier titre c’est-à-dire une durée de vie exemplaire par son contenu et son gameplay.

Après un standalone axé sur le médiéval fantastique “Stronghold : Legends” vite oublié, FireFly Studios remit le couvert après de longues années avec le troisième épisode. On est en 2010. Malheureusement les fans, à nouveau, ne furent toujours pas satisfaits. Des mécanismes vieillissants et un moteur graphique encore grossier eurent raison sur les bonnes idées apportées. Comme pour le premier épisode la série repartit en croisade (2014) avec d’excellentes campagnes en dépit d’un moteur 3D des plus limités. Puis la série s’endormit dans les sables du désert.

Rendez vous en Extrême-orient!

Mais un nouveau réveil se produit et on apprit en 2019 un projet autour de Stronghold. Je fus, vous l’imaginez, très enthousiaste notamment par son nom bien énigmatique : Stronghold Next… Celui-ci révéla rapidement une nouvelle orientation médiévale : après les sombres châteaux européens et le Krac des chevaliers, le rendez-vous est pris dans les mystères de l’Extrême orient et surtout vers la Chine, nouvelle terre promise, grande pourvoyeuse de nouveaux gameurs auquel le studio a souhaité rendre hommage ici.

Un jeu complet

Ce qu’il y a d’extraordinaire avec Firefly Studios c’est la répétition. Après tant d’années passées sur la série on aurait pu imaginer une introduction, une interface de menus à la présentation différente ? Et bien… Non. Cela m’a tout de suite interpellé. C’est la même manière de démarrer avec des menus très similaires aux titres antérieurs comme une sorte de marque de fabrique. Et malheureusement cette répétition n’en restera pas là comme on le verra plus tard.

Aux menus de démarrage on ne se retrouve pas perdu. Solo, Multi, Crédits, options, Quitter. Cliquons sur Solo. Nous découvrons avec plaisir plusieurs campagnes retraçant à la manière de Firefly la grande histoire de la Chine mais aussi deux autres campagnes extérieures sur les Mongols et le Japon. On note aussi une campagne économique composante bien connue dans les autres Stronghold. Je trouve que 5 campagnes de 6 chapitres c’est tout de même complet. Un tutoriel pour les néophytes est bien présent. D’autre part un mode « workEditeur Steam » apparait également, comme dans les autres Stronghold « edition Steam », permettant de construire les châteaux les plus imprenables et de les mettre à l’épreuve du feu de la communauté Steam. Pour ceux qui aiment le multi c’est un point qui n’a pas été oublié.

Et bien pour commencer, ça fait mal!

Personnellement j’ai plutôt envie de me laisser emporter par l’histoire proposée par les campagnes solos. On commence avec une campagne basée sur l’Extrême orient primitif nommée « les royaumes de la jungle » qui, une fois réalisée, permettra de débloquer les autres campagnes. Nous sommes bien avant la construction de la Grande Muraille quelque part entre le Mekong et le Chang Jiang et la Chine en tant que nation n’existe pas encore. Plusieurs tribus et petits chefs locaux se disputent le pouvoir pour prendre le dessus sur l’autre. C’est dans ce contexte belliqueux que nous allons aider le chef Tuc Phan à survivre et finalement imposer sa loi. Cette campagne simple nous permet de rentrer dans le jeu en douceur afin de comprendre les principaux axes du titre.

C’est en démarrant qu’une autre répétition évoquée plus haut nous saute aux yeux et dont on se serait bien passé. En effet il ne faut pas longtemps pour entrevoir les déficiences graphiques massives pourtant maintes fois rappelées dans les titres précédents et qui malheureusement se répètent à nouveau ici.

Si l’ensemble est plutôt coloré on retrouve à nouveau des textures brouillonnes et baveuses d’un autre âge qui malencontreusement, dès le départ, nous mettent mal à l’aise. Les rochers ne sont que des polygones à peine finis, les collines ne sont que des distorsions de textures (images à l’appui) déjà désagréables à découvrir il y a 10 ans ! Les cours d’eau sont les mêmes que dans Stronghold 3 : c’est vérifié ! Et je précise que le test a été réalisé en mode Ultra…

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes? Non, pas forcément

Par conséquent je me suis demandé si les développeurs n’avaient pas tout simplement utilisé le moteur de Stronghold 3. Alors je me gratte la tête et je cherche… « PathEngine »… ça me rappelle… et bien oui c’est le même moteur que pour Stronghold 3 (2010) et Stronghold Crusader 2 (2014). J’avoue que je suis quelque peu déconcerté par ce constat mais malheureusement il n’y a aucun doute. Les personnages, les armées bougent comme dans les anciens Stronghold c’est-à-dire très mal et de manière inconcevable en 2021. Je ne développerai même pas sur les effets de lumière et pyrotechniques qui font peine à voir. Alors manque de moyens ? Volontairement bâclé par manque de temps ? Je reste sans réponse, réellement affligé de voir après tant d’années une si belle série aussi peu soutenue techniquement. En tant que joueur je me sens leurré.

Et pourtant on retrouve plein de bonnes idées qui font le charme de la série. On revoit les artisans s’afférer dans les échoppes, le bucheron coupant son bois (son bambou question d’adaptation), les poules glousser, le bouffon amuser la population, les soldats pouvant monter sur les divers bâtiments proposés. Bref une forteresse bien vivante. D’ailleurs sur la partie artistique rien à redire. Les illustrations, les panneaux numériques sont de qualité tout comme les cinématiques. Mais rien y fait car en dépit de ces bonnes idées la technique désuète n’a pas évoluée. C’est d’autant plus regrettable que le jeu dans son gameplay est très intéressant on le verra par la suite.

Une ambiance sonore dans la lignée de ses prédécesseurs

Coté sonore c’est heureusement maitrisé et quelque part cela permet, non pas d’effacer le triste spectacle visuel, mais au moins d’apporter l’ambiance qui a fait le succès des Stronghold.

Les musiques vous transporteront dans le monde traditionnel d’Extrême orient. Vous vous sentirez presque voguer le long du Jang Tse Chiang, le fleuve bleu, partant du Tibet serpentant parmi les montagnes de fleurs, effleurant des orchidées hautes comme des arbres, observant des temples sacrés pour se jeter dans la mer jaune comme dans un rêve. Oui on sera bercé avec plaisir par des chœurs tibétains et des instruments si envoutants comme le Guzheng, le Ruan ou la Di sans oublier le GONG ! L’ensemble est charmant et vous accompagnera avec douceur tout au long de vos nombreuses quêtes.

Les sons et effets sonores sont nombreux et de qualité. L’impact des pierres lancées des catapultes, les cliquetis des épées, la frappe du forgeron… rien est oublié et donnent beaucoup de vie à votre forteresse. Petit bonus sympathique, les voix des soldats en mandarin ajouteront un peu plus d’orient encore à un ensemble sonore déjà bien fourni.

Enfin le doublage est de bonne facture même s’il n’atteint pas le niveau des anciens Stronghold (surtout le premier).

De nombreux modes de jeu et quelques ajouts intéressants

Côté des modes de jeu tout d’abord, Stronghold Warlords se veut une fois encore être un hommage au premier opus. Vous retrouverez ainsi deux types de campagnes distinctes comme déjà évoqué : militaire et économique. La première vous opposera aux grands seigneurs qui ont grandi leur influence au détriment de petits chefs sans tripes. Si la narration est tout à fait correcte on note l’absence de l’humour qui a pourtant contribué au succès de la série (Stronghold un et deux). Vous vous lancerez donc dans des missions qui tourneront autour d’attaques ou de défenses de forteresses. On note un ajout « diplomatie » non négligeable dans vos conquêtes.

En effet sur une carte vous ne serez pas souvent seul face à votre ennemi. De petits seigneurs locaux pourront être soumis et vous apporteront des ressources en matières ou en hommes. Pour soutenir cet aspect diplomatique des bâtiments inexistants auparavant font leur apparition tel le consulat par exemple. Il permettra d’augmenter des points de diplomatie qui sauront être utilisés pour améliorer vos vassaux et leur tribut. Mais attention de bien les protéger car sinon vous pourriez les perdre au profit de l’ennemi. Un aspect nouveau et intéressant du jeu.

En parallèle du mode principal (campagnes militaires) la campagne axée sur la gestion n’est pas contemplative pour autant et vous placera quant à elle dans un contexte post-guerre où vous devrez sortir de la pénombre pour reconstruire une grande civilisation. Vous serez ici souvent opposé à un chronomètre et les défis consisteront à amasser de grandes quantités de ressources ou à attirer de nombreux citoyens. Et c’est ça l’originalité de Stronghold heureusement conservée ici. Il faut trouver le moyen constant d’attirer des citoyens par des solutions attrayantes ou contraignantes.

Du challenge et des heures de jeu !

En règle générale les différentes missions proposées par ces campagnes seront assez variées, mais il faut avouer que la difficulté sera au rendez-vous. Il vous faudra alors être au sommet de votre forme pour voir le bout du titre, d’autant plus que les différents challenges vous demanderont un temps non négligeable. Pour cela 3 niveaux de difficultés sont à disposition ainsi que des indices recommandés en début de missions (comme dans tous les Stronghold).

On termine notre petit tour des modes de jeu avec la Construction Libre (bac à sable) qui vous consistera à bâtir votre village sans contraintes militaires. Malheureusement, seulement trois cartes relativement petites seront disponibles. Dommage. A noter qu’il sera possible de prendre part à une Escarmouche, ce mode, étant déjà présent dans la série depuis Crusader, sorti en 2002 (absent de Stronghold 3). L’éditeur de niveaux et de scénarios seront également là. Il est très probable que d’autres ajouts viendront par la suite (DLC). Bref le titre s’avère au final très riche en possibilités.

Il ne manquait pas grand-chose pour faire LE grand retour…

L’annonce du retour de Stronghold a été un vrai plaisir à entendre. Hélas un peu moins à voir. Trop de vétustés visuelles, de techniques (pathfinding, IA) désuètes qui finalement ne permettent pas à Stronghold de faire « son grand retour ». Reste un très bon jeu de gestion/stratégie qui a gardé l’esprit et les forces qui ont fait son succès passé et qui améliore une partie multi qui promet des sièges mémorables et de beaux affrontements.

Pour ma part, je reste chagriné car je m’attendais à vraiment mieux après tant d’années. Mais j’ai toujours un grand plaisir à jouer de Stronghold surtout au cœur de cette Chine bien plus captivante que l’actuelle. Pour sûr cette impression du jeu est probablement générée par une certaine nostalgie (sûrement recherchée par les développeurs, c’est d’époque). Et bien que faible techniquement, la mauvaise surprise visuelle ne me fera pas oublier la grande richesse de ce titre. Oui malgré ma déception sur la forme je suis finalement très heureux de revoir Stronghold.

Verdict

Test de jeu - Score 7.5

  • 40%

    Visuel

  • 85%

    Audio

  • 85%

    Gameplay

  • 80%

    Rejouabilité

Positifs

  • Beaucoup de contenu
  • Nombreux bâtiments et types d’unités
  • Narration et illustrations de qualité
  • Ambiance sonore immersive
  • Durée de vie importante et challenge bien présent
  • Prix correct autour de 25€ (prix fixé non dispo au moment du test)
Négatifs

  • Animation d’un autre âge
  • Pathfinding et IA toujours pas améliorés depuis Stronghold 3 (sorti en 2010)
  • Techniques de texture obsolètes

Pour connaitre les critères de notre système de notation, visitez cette page.

Prenez note que la version testée est celle sur PC.

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Test du jeu Stronghold Warlord (PC)

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Merci à FireFly Studios qui nous a gratuitement fourni une copie du jeu afin d’en faire la couverture médiatique et le test. L’éditeur/développeur nous autorise par conséquent à diffuser et/ou utiliser des extraits du jeu pour nos besoins de production et n’intervient d’aucune façon dans l’attribution de la note finale. #Article13Free

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